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Elon Musk : l’homme du XXIème siècle ?

Espace, énergie, transports… l’appétit de l’entrepreneur américain ne semble avoir aucune limite. Déclarations fracassantes, milliards de dollars investis et coups de théâtre permanents, la stratégie d’Elon Musk marche… jusqu’à présent.

Les médias américains le comparent à Tony Stark, l’industriel qui se cache dans l’armure d’Iron Man. Il est vrai que la vie d’Elon Musk ferait un excellent scénario pour un film à grand spectacle… et même plusieurs ! Pas encore quinquagénaire (il vient de fêter ses 48 ans), ce Sud-Africain d’origine a déjà eu plusieurs vies.

La légende veut qu’il ait vendu son 1er programme de jeu vidéo à 12 ans. Pourtant, avant de devenir entrepreneur, il est passé par un cursus universitaire classique, d’abord au Canada puis aux États-Unis. Il étudie, en effet, le commerce et la physique à la Wharton School de l’université de Pennsylvanie puis à Stanford, pour préparer un doctorat en physique énergétique.

Coup double

En 1995, Elon Musk abandonne Stanford et son doctorat pour créer avec son frère Kimbal une start-up Internet, Zip2. L’entreprise édite un logiciel permettant de poster du contenu sur Internet, notamment des cartes et des annuaires. Quatre ans plus tard, l’entreprise est rachetée par Compaq, à l’époque propriétaire du moteur de recherche Alta Vista pour 307 M$ (275 M€) en cash, à l’époque un record pour une entreprise Internet.

À 28 ans, Elon Musk empoche alors 22 M$ (20 M€). En 1999, il fonde une banque en ligne baptisée X.com et rachète 1 an plus tard Confinity, une jeune société qui propose un service de paiement en ligne innovant, PayPal. Le succès est immédiat ! Pourtant, le petit génie arrête les services bancaires, change le nom de l’entreprise et la revend en 2002 à eBay pour 1,5 Md$ (1,35 Md€). Ses 11,7% lui rapportent alors 165 M$ (148 M€) en cash. Il aurait pu alors couler ses jours heureux sur une plage ensoleillée…

Empire industriel

Fortune faite, Elon Musk applique les recettes de l’économie numérique (innovation, hyper-croissance, investissement massif et levées de fonds spectaculaires) aux domaines traditionnellement réservés à de grands groupes industriels : automobile, transports, énergie, espace… sans aucune inhibition. En 2006, lors d’une conférence, il déclare même devant les grands noms de l’industrie spatiale : «Salut à tous. Je m’appelle Elon Musk. Je suis le fondateur de SpaceX. Dans 5 ans, vous êtes morts» !

Quel que soit le secteur, la recette est la même : repérer une technologie de rupture, concevoir un produit emblématique aisément identifiable et acquérir des parts de marché à prix d’or, sans souci de rentabilité. Car le secret d’Elon Musk est de convaincre les financiers de le suivre dans ses projets les plus fous : Google et le fonds Fidelity ont injecté 1 Md$ (900 M€) dans SpaceX, Crédit Suisse le même montant dans les projets de SolarCity, Tesla a levé 2 Mds$ (1,8 Md€) en obligations convertibles en 2014.

Le Nevada a «payé» 1,4 Md$ (1,25 Md€) pour accueillir l’usine géante de productions de batteries électriques Testa, et New York «seulement» 750 M$ (675 M€) pour celle qui produira les panneaux solaires SolarCity ! Une stratégie qui n’est pas sans risques, mais qui porte ses fruits pour l’instant : la fortune d’Elon Musk est estimée à 8,4 Mds$ (7,5 Mds€), 4 fois plus qu’en 2012.

SpaceX, vers l’infini… et au-delà

Valorisation : 10 Mds$ (9 Mds€)

C’est son 1er investissement en dehors du numérique : en 2002, Elon Musk a mis 100 M$ (90 M€) pour créer un lanceur de satellite à bas coût réutilisable. Si les professionnels du secteur n’ont pas caché leur scepticisme, ils ont changé d’avis lorsque l’entreprise, baptisée SpaceX, a remporté un marché de la NASA en 2006 pour développer un cargo spatial destiné à ravitailler la station spatiale internationale (ISS).

Depuis 2010, la fusée Falcon9 connaît un vrai succès commercial, avec 18 lancers de satellites réussis au compteur et un CA estimé à 800 M$ (720 M€), même si fin juin, l’une d’elle a explosé en vol. En septembre dernier, associé à Boeing, SpaceX a remporté un nouvel appel d’offres de la NASA pour un montant de 6,8 Mds$ (6,1 Mds€), pour construire des «taxis de l’espace» qui transporteront les astronautes vers l’ISS. Et Elon Musk n’entend pas s’arrêter là : il prévoit de fonder une colonie sur Mars !

Tesla, l’avenir de l’automobile

Valorisation : 27 Mds$ (24 Mds€)

En 2004, Elon Musk entre dans le capital de Tesla Motors, constructeur de voitures électriques haut de gamme. Quatre ans plus tard, il acquiert la majorité des parts et prend la direction opérationnelle de l’entreprise.

Le succès médiatique et même commercial est indéniable, avec 80.000 voitures vendues, mais l’équilibre n’est pas au rendez-vous : Tesla réalise 3,2 Mds$ (2,9 Mds€) de CA mais 295 M$ (266 M€) de pertes. Pour réussir son pari industriel, Tesla doit parvenir à produire 1 véhicule 3 fois moins cher qu’aujourd’hui. La méthode d’Elon Musk ? «Nous allons dépenser des sommes astronomiques». Avec comme objectif une production en millions d’unités et la rentabilité… à l’horizon 2020.

SolarCity, une énergie incroyable

Valorisation : 6 Mds$ (5,4 Mds€)

Depuis 2006, Elon Musk veut convertir les Américains à l’énergie solaire. Il a massivement investi dans SolarCity, une entreprise d’installation de panneaux photovoltaïques, dont il assure la présidence du conseil d’administration et dont la direction est assurée par son cousin, Lyndon Rive. Si l’entreprise compte près de 200.000 clients, ce qui fait d’elle un des plus grands installateurs de panneaux solaires aux États-Unis, elle est jusqu’à présent un véritable gouffre financier.

Ce qui n’empêche pas Elon Musk d’avancer à pas de géants. Alors que SolarCity vient de lancer la construction de la plus grande usine de panneaux solaires des États-Unis, Lyndon Rive a annoncé que la prochaine étape consistera à créer des unités de production 10 fois plus importantes, afin de faire chuter les coûts et rendre l’électricité solaire moins chère que l’énergie produite à partir de gaz naturel.

Hyperloop, le train qui va plus vite que l’avion

En août 2013, Elon Musk a présenté Hyperloop, un TGV solaire subsonique circulant dans un tube à basse pression et pouvant atteindre 1.300 km/h, ce qui permettrait de relier San Francisco à Los Angeles en 35 minutes. Considérant ne pas avoir le temps de développer le projet lui-même, le serial entrepreneur a lancé un appel aux entreprises qui souhaiteraient «faire passer Hyperloop du concept à la réalité». Réunissant des ingénieurs de SpaceX, Boeing, Airbus ou de la NASA, une équipe de développement d’une centaine d’ingénieurs a été réunie avec l’objectif d’une commercialisation avant 10 ans.

Powerwall, une batterie domestique

Le plus récent projet d’Elon Musk est un système de stockage d’énergie intermittente, comme le solaire ou l’éolien, destiné à équiper des immeubles et maisons, visant, en toute simplicité, à «transformer totalement l’infrastructure énergétique mondiale». Produites et commercialisées sous la marque Tela, ces batteries seront fabriquées par Panasonic dans une usine géante (la plus grande du monde), représentant un investissement de 5 Mds$ (4,5 Mds€).