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Créer une entreprise en solo : 30 conseils pour s’en sortir

En entreprise individuelle ou en auto-entrepreneur, avant de se lancer en solo, la réflexion s’impose afin que le projet d’entreprise soit bien au point. Voici quelques éléments à considérer de près avant de partir dans le grand bain et d’éviter toute noyade, tant que faire se peut. Car créer sa boîte en solo exige certaines qualités et formalités bien précises.

1. Un lieu de vie professionnel

Un point important à ne pas négliger : lorsque l’on décide de s’installer en solo chez soi, il faut prévoir le lieu de travail. Lorsqu’il ne s’agit pas d’un commerce, le bureau s’impose, car les papiers s’accumulent rapidement, les dossiers également et il devient très compliqué et agaçant de changer ses affaires de place chaque fois que les enfants rentrent ou que des amis viennent manger à la maison.

Disposer d’une pièce bien à soi est bien entendu l’idéal. Certains préfèrent louer un bureau à l’extérieur, ou dans un centre d’affaires afin de bénéficier de tout le matériel bureautique nécessaire, ainsi que d’une salle de réunion ou d’une adresse intéressante.

Dans tous les cas, ce point est à considérer car il peut très rapidement polluer la vie au quotidien, en particulier lorsque l’on a une famille.

2. L’accord des proches

Se lancer en tant que créateur d’entreprise, et a fortiori seul, signifie que les proches seront forcément concernés.

Il peut s’agir du conjoint, parfois chez les plus jeunes, ce sont les parents qui doivent être informés, car certaines start-ups démarrent dans l’ancienne chambre d’ado ou dans le garage de la maison familiale. En fonction des relations existantes, et des conséquences que cela peut avoir, les proches doivent être non seulement informés du projet, mais conscients du retentissement que cela aura sur leur propre vie.

C’est aussi le meilleur moyen de s’assurer qu’il n’y aura pas de mauvaises surprises, ni de reproches à ce sujet par la suite.

3. Un statut à choisir

Pour s’installer, il faut obligatoirement opter pour un statut. Cela peut être l’auto-entreprise, l’EIRL, en nom propre, en société à associé unique… Le choix existe pour des projets, des besoins et des exigences diverses.

Si l’on ne veut pas passer par un expert, il est possible dans un premier temps de lire les résumés qui sont proposés aux créateurs d’entreprise sur le site www. apce.com. Attention, pour changer par la suite de statut si l’on a fait une erreur, cela coûte forcément de l’argent et du temps, mieux vaut donc réfléchir en amont !

4. Un caractère adéquat

Vous connaissez-vous bien ? Etes-vous bien certain de disposer des qualités suffisantes pour vous installer en solo ? Car si cela paraît en effet bien séduisant, il ne faut surtout pas sous-estimer la difficulté de travailler seul et parfois isolé. Cela exige une forte motivation et une belle capacité à supporter toutes les contrariétés sans se décourager et se laisser déstabiliser par les difficultés inévitables.

Tout ne se passe pas toujours comme prévu, aussi est-il important de se connaître suffisamment pour savoir que l’on est capable de résister aux échecs éventuels et être à même de persévérer.

5. Connaître ses véritables motivations

Les raisons pour se lancer dans la création sont nombreuses et différentes en fonction des individus. S’agit-il d’un vieux rêve, d’une envie déjà ancienne qui a pris forme au fi l du temps, ou plutôt d’un simple refus d’entrer dans le système classique de la recherche d’emploi ou du système hiérarchique ?

Créer une société va demander de l’argent, du temps, de l’énergie, tout cela doit donc se faire pour de bonnes raisons et pas simplement pour échapper à quelque chose ou contourner un obstacle. La création n’est certainement pas la voie la plus facile et il ne s’agit pas d’un pis-aller.

6. Faire le point sur ses compétences

Votre caractère est tout à fait adapté à la création en solo ? Disposer des bonnes compétences est donc l’autre aspect à étudier. Certains ont acquis une excellente expertise en commercial, en marketing, en finance, mais des lacunes peuvent aussi apparaître. Or, lorsque le lancement est en cours, difficile de prendre le temps de suivre un nouvel apprentissage.

Décider de suivre une formation complémentaire préalablement au lancement de l’entreprise peut faire ensuite gagner beaucoup de temps et garantir le succès.

7. Analyser les risques

Quels sont les risques majeurs que l’on encourt en se lançant ? Il ne s’agit pas ici d’imaginer le futur, mais d’examiner les sacrifices éventuels que l’on est prêt à faire. Certains peuvent décider de démissionner de leur emploi présent. Auront-ils la possibilité de revenir ou pas ? D’autres investissent les économies du couple, ou mettent en vente un bien, prennent un crédit…

Cela est parfois nécessaire, mais il faut prendre en compte dès le départ que cette somme risque de ne pas pouvoir être récupérée avant des mois, des années et parfois jamais et… en accepter le risque.

8. Pas de précipitation

Il est assez rare qu’un timing précis doive être respecté pour une création d’entreprise. Cela peut bien entendu arriver s’il faut participer à un salon important par exemple, ou si un client est déjà prêt à signer un contrat.

Dans les autres cas, mieux vaut prendre tout le temps nécessaire avant de se lancer. Une fois que la machine administrative est en marche, il faut savoir que les charges et cotisations aussi commencent à défiler.

Et il est assez courant de ne pas avoir de rentrées immédiates, pourtant les sorties arrivent elles bien plus tôt que l’on ne pense. La plupart des créateurs regrette plus tard de ne pas avoir pris plus de temps avant de se lancer dans l’aventure.

9. Des horaires à définir

Vous voici bien installé dans votre bureau ou dans la pièce dédiée au travail dans le logement. Il va falloir développer un véritable sens de l’organisation, l’idéal étant de se fi xer des horaires de travail.

Commencer à 8h00, terminer à midi, faire une pause, recommencer de telle à telle heure, tenir un agenda, se bloquer des moments pour faire sa comptabilité ou faire le point sur la trésorerie, voici de saines habitudes à prendre dès le début, surtout si l’on est installé à la maison.

Il est très facile de se laisser distraire, d’aller dans la cuisine, faire une lessive, allumer la télévision, téléphoner à un ami, etc… La discipline est un véritable facteur de succès à ne négliger sous aucun prétexte.

10. Des outils dédiés

Un bon ouvrier doit détenir de bons outils. Quel que soit le travail choisi, il faut avoir à sa disposition le matériel indispensable nécessaire. Peut-être faut-il penser à changer son ordinateur, un peu obsolète, ou acheter un nouveau logiciel ?

Sans oublier les éléments plus basiques, tels qu’armoire, bureau, photocopieuse, etc. Idem pour l’automobile, le camion de livraison, ou tous ces éléments concrets qui doivent pouvoir se faire oublier pour permettre de se concentrer sur des tâches plus importantes.

11. De la rigueur

La rigueur est de saison paraît-il, mais comme pour tout projet incluant un budget, il va falloir faire son prévisionnel et le respecter autant que faire se peut.

Cette même rigueur doit aussi être employée pour respecter les horaires de rendez-vous, les rappels téléphoniques. Sans assistante ou secrétaire, il faut être à même de répondre à tous les aléas sans rien oublier.

Peu importe le système, des listes quotidiennes de tâches à remplir, des rappels automatiques du smartphone, il faut trouver le moyen de tout faire et c’est parfois une tâche titanesque quand les jours défi lent trop rapidement.

12. Avoir une véritable offre

Le nerf de la guerre est bien entendu l’offre que l’on va mettre au point. C’est elle qui va devoir séduire le client, et être à l’origine du chiffre d’affaires.

Qu’il s’agisse de produits et de services, l’offre doit être claire pour les clients, aisément compréhensible, détenir un avantage concurrentiel quel qu’il soit : la qualité de la prestation, son prix, etc.

S’entraîner à présenter l’offre auprès d’amis ou de proches est un bon exercice afin de savoir écouter les critiques et d’affiner son produit ou service avant de se lancer.

13. L’administratif à ne pas négliger

L’aspect administratif est rarement le point fort des créateurs d’entreprise. Mais lorsque l’on se lance seul, il faut bien parvenir à tout mener de front.

Se garder un moment pour tous les papiers chaque matin pendant une demi-heure, ou le samedi matin, l’important est de ne pas laisser cela de côté trop longtemps, car cela entraîne parfois des retards gênants, voire des malentendus ou des pénalités.

Parfois, il est aussi possible de faire en sorte qu’un proche gère cet aspect des choses, ce qui arrive assez fréquemment lorsque l’on est en couple.

14. Rangement obligatoire !

Discipline, organisation, décidément la vie de l’entrepreneur ressemble parfois à la vie militaire. Mais pour être certain de ne pas prendre de crise de nerfs, l’important est de ne pas se laisser déborder par la paperasserie.

Pour cela deux solutions : prendre un expert-comptable susceptible de tout gérer, mais lorsque l’on démarre, mieux vaut faire en sorte de maintenir jour après jour un rangement parfait de tous les dossiers. Classer systématiquement et pouvoir retrouver les papiers importants dès qu’on en a besoin est indispensable. Cela évitera bien des montées d’adrénaline de dernière minute !

15. Assurer son revenu minimum

Avant la création, seul et a fortiori accompagné, il est essentiel d’avoir fait le point à l’avance de ses coûts fixes et sans être trop mesquin sur le sujet. Car il va falloir être à même de rassembler suffisamment pour couvrir les frais du loyer, ou le prêt immobilier, les frais quotidiens, impôts, etc.

Démarrer en se faisant du souci pour le minimum vital est une très mauvaise idée, à moins de ne pas avoir d’autre choix disponible. Avoir un conjoint qui travaille, un plan épargne, une indemnité de licenciement, autant d’options qui permettent de tenir le temps que de premiers bénéfices soient possibles.

16. Penser aux pauses

Si l’organisation est indispensable, il ne faut pas oublier non plus de planifier quelques pauses. En cours de lancement, et pendant au moins la première année, il est difficilement envisageable de penser vacances, mais cela n’empêche pas de se réserver un mini planning de loisirs personnels.

Pour les sportifs, il peut s’agit du jogging hebdomadaire en compagnie des copains, pour d’autres d’une virée shopping ou de quelques petits week-ends planifiés loin de tout. Le burn-out et l’excès de stress guettent les créateurs d’entreprise, alors attention !

17. Activer les réseaux

Se lancer solo ne signifie nullement devenir ermite. Au contraire, dès qu’on le peut et si possible avant même la création, il va falloir activer ses réseaux. Professionnels bien entendu, mais aussi amicaux, car cela fait du bien de pouvoir parfois échanger en toute confiance avec un ami. L’isolement est à déconseiller, mais il n’est parfois pas si simple d’y échapper lorsque l’on travaille seul à partir de chez soi.

Tout dépend bien entendu du type d’activité, mais si l’on passe la plupart de son temps face à son ordinateur, il est important de se réserver des respirations ne fut-ce que par téléphone pour échanger et garder le contact.

18. Disposer d’une facilité de contact

Vous avez fait le point sur vos compétences et pensez être à même de faire le nécessaire pour avoir de bonnes chances de succès. Tous les entrepreneurs n’ont pas forcément besoin d’être des professionnels du marketing, ou de la finance, mais il est certainement une qualité nécessaire à tous : disposer d’un excellent contact.

Cela est inné chez certains commerciaux ou politiques, mais être à même d’aborder les clients, bien présenter face à son banquier, parler facilement y compris avec les inconnus, avoir le sourire facile et avenant, autant de qualités prisées et qui seront utiles au quotidien.

Il ne faut pas sans cesse s’en tenir aux qualités purement techniques, car l’aspect commercial prime souvent.

19. S’autoriser des récompenses

De temps à autre, il faut aussi savoir se faire plaisir. Si l’on travaille dans une grande entreprise, il est normal de recevoir une prime ou des compliments de la part de sa hiérarchie en cas de succès. Lorsque l’on est en solo, il est facile d’occulter totalement cet aspect des choses.

Pourtant cela est tellement gratifiant, pas de fausse honte donc pour s’accorder de temps à autre une petite récompense. Pourquoi pas une petite prime lorsque cela est possible ? Ou se réserver une petite compensation sous forme de cadeau ou de restaurant ? Il n’y a pas de mal à se faire du bien dit le vieux proverbe.

20. Des activités extra-professionnelles

Avant la création d’entreprise, vous aviez une vie. Il sera évidemment bien plus compliqué ensuite de conserver les mêmes loisirs, mais pour garder l’esprit ouvert, continuer au moins une activité est plus que conseillé.

Si vous êtes fan de théâtre, il sera peut-être compliqué de suivre les répétitions, mais le cinéphile peut se libérer la tête en allant voir les derniers films, ou le sportif peut faire un tennis régulièrement.

Se changer les idées quel que soit le moyen, voici la solution. Sport, activités culturelles ou intellectuelles, chacun choisit ce qui lui permet de s’envoler loin des réalités quotidiennes de façon limitée dans le temps.

21. Avoir recours à un parrain

Il est très aisé aujourd’hui de trouver des réseaux d’aide aux entreprises. Encore faut-il en avoir envie et ne pas hésiter à solliciter ces aides : Pôle Emploi dispose de conseillers spécialisés, des réseaux existent sur toute la France tels que France Initiative et France Entreprendre, l’Adie intervient si certains critères sont réunis.

Le réseau EGEE dispose aussi de seniors expérimentés qui parrainent bénévolement les nouveaux créateurs, en projet ou déjà lancés, sans oublier les incubateurs et pépinières d’entreprise. Autant bénéficier de ces aides utiles et souvent gratuites.

22. Aimer la cyber-communication

S’installer en solo exige une bonne maîtrise des outils de communication modernes. Les connaissances sont parfois basiques lorsque l’on se lance, alors que la bureautique actuelle peut faire gagner un temps précieux.

Apprendre à manier les principaux logiciels de traitement de texte et de tableurs n’est pas superflu, loin de là. Lorsque l’on ne peut compter que sur soi, et qu’embaucher une salariée n’est pas envisageable, mieux vaut se lancer avec quelques bonnes bases.

23. Organiser son planning

Le lieu, le matériel, la méthode, tout est au point. Il ne reste que le planning à respecter. Difficile dans certaines activités ? Oui, sans aucun doute. Pourtant, voici un exercice important, essentiellement pour les désordonnés.

Cela est aussi une façon de se donner les moyens de la ponctualité, une qualité essentielle pour sa clientèle tout comme pour soi-même. Agenda papier ou virtuel, à chacun son choix et pour ceux qui ne parviennent pas à maîtriser leur emploi du temps, une formation à la gestion du temps s’impose !

24. Penser à l’avenir

Difficile de se projeter au quotidien dans l’avenir, car le travail est déjà suffisant. Parfois, aussi les créateurs d’entreprise refusent de manière inconsciente d’aller au-delà du jour même, et préfèrent s’activer à de nombreuses tâches plus concrètes.

Sans aller jusqu’à se prendre la tête entre les deux mains, prévoir les rentrées-sorties des prochains mois, imaginer les éventuels investissements font partie du travail de chef d’entreprise, tout comme se rendre aux rendez- vous. Cela évite bien des soucis, surtout en matière de trésorerie.

25. Des appuis en cas de coup dur

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, surtout lorsque l’on est en solo. Pouvoir compter sur des appuis solides est une garantie de survie. Il peut s’agir d’un ami proche, du parrain bénévole, de son conjoint, du comptable, peu importe.

Il faut avoir quelqu’un à qui s’ouvrir en cas de difficultés, financières, commerciales ou pour une simple baisse de régime au niveau du moral tout simplement. Il est d’ailleurs normal de disposer de plusieurs appuis en fonction de ce dont on a besoin.

26. Continuer à apprendre et se former

Continuer à apprendre se fait souvent tout naturellement. De par les contacts avec les autres, mais travailler en solo peut aussi mener à un certain appauvrissement si l’on n’y prend pas garde. Peu de risques pour les métiers qui demandent de nombreuses relations externes, pour d’autres, travailler seul dans sa petite pièce peut être difficile.

Les artisans aussi doivent continuer à se former, car les nouvelles techniques demandent une adaptation tout comme les nouveaux matériels ou matériaux. Que l’on soit coiffeur ou consultant, vivre sur ses acquis est parfois prétentieux et dangereux.

27. Penser législation

Voici un aspect que l’on néglige bien souvent une fois que le statut a été choisi et que la société est créée. Pourtant, nul n’est censé ignorer la loi.

Penser ou du moins connaître les grandes obligations fiscales et salariales est normalement obligatoire, mais cela devient parfois très difficile d’autant que dans certains secteurs économiques, cela change de façon assez fréquente. Un aspect à ne pas négliger quitte à le sous-traiter ou mettre en place une veille concurrence sur internet soi-même.

28. Une santé solide à préserver

Le yin et le yang ne sont peut-être pas votre tasse de thé, mais le corps et l’esprit sont inséparables. Consulter un médecin, faire un check-up, se soigner s’il le faut, ne pas négliger sa santé est une exigence, car garder une énergie de tous les instants est important. Un meilleur gage de succès.

Les hommes en particulier ont des difficultés à consulter et ont tendance à ne pas se rendre chez le médecin, y compris pour le rendez-vous annuel de la médecine du travail. Dormez suffisamment, alimentez-vous sainement, évitez tabac, alcool et excitants, faites régulièrement du sport : tout cela est essentiel pour votre santé et donc celle de votre entreprise qui ne repose que sur vous !

29. Un excellent mental

Avoir la pêche, disposer d’un tempérament optimiste sont bien évidemment des plus, même s’il ne faut pas non plus faire preuve d’angélisme.

Certains sont attirés par des disciplines spécifiques telles que le yoga ou la relaxation, d’autres savent se réserver d’instinct des respirations ou des micro-siestes nécessaires, pour d’autres, cela passe par la famille ou les copains.

Garder le moral n’est pas toujours si simple et demande un certain entretien. Un point à ne pas négliger non plus !

30. Encore et toujours, l’autodiscipline

Le planning, la méthode, les horaires, tout cela a pour but de s’auto-discipliner et trouver un cadre de vie organisé. Et rien de plus difficile lorsque l’on se lance en solo, surtout à domicile. Les débuts sont déterminants pour prendre de bonnes habitudes. Ensuite, le plus dur est fait, il faut continuer sur sa lancée.