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 Coworking et crowdfunding : l’art de grandir à plusieurs

Des bonnes idées d’intelligence collective, il y en a des milliers en France ! Le crowdfunding et le coworking font partie des initiatives qui permettent à des solos de se regrouper pour faire de l’économie collaborative et de partage, un nouveau moteur pour demain. Notre enquête.

Grâce au développement d’internet et des réseaux sociaux, la nouvelle économie est entrée en force en France et dans le monde.

Crowdfunding : mettre en commun des fonds

Si le crowdfunding est si populaire en matière de création et de financement des entreprises, c’est qu’il est une solution aux difficultés d’accès au financement auxquelles sont confrontés les entrepreneurs, en proposant un mécanisme simple et rapide.

Le crowfunding est un mode de financement qui connaît un succès de plus en plus conséquent à travers le monde. Il se décline en trois modèles : le don, le prêt, l’achat de participations dans des projets d’envergure. Par l’intermédiaire d’une plateforme internet et via les réseaux sociaux, les membres de la foule (ou crowd) interagissent, votent, accompagnent et participent financièrement à un projet. Il est porté par de nouvelles législations qui institutionnalisent l’émergence et le développement de cette nouvelle industrie de financement.

 

Trois protagonistes sont à la base du système du crowdfunding :

– L’épargnant qui souhaite investir un peu d’argent dans un projet « coup de coeur »,

– Le porteur d’un projet de création d’entreprise qui ne possède pas les fonds nécessaires au démarrage de son activité et ne souhaite pas faire appel au crédit bancaire,

– La plateforme de financement.

 

Les deux premiers protagonistes se rencontrent sur internet via une plateforme dédiée. Les projets sont présentés par leurs porteurs et les épargnants choisissent de financer celui (ou ceux) qui leur plaisent à hauteur de ce qu’ils souhaitent investir. Le fonctionnement très simple de cette forme de financement présente aussi l’avantage de la transparence pour l’épargnant. Celui-ci sait ce qu’il finance et le fait par choix et selon ses valeurs.

Le financement participatif s’intéresse à toutes les sortes de projets.
Généralement, les sites de mise en relation sont thématiques : projets culturels, sociaux, environnementaux, innovants, numériques, etc.

Coworking : L’art de travailler ensemble

Le coworking ou travail coopératif est un type d’organisation du travail qui regroupe deux notions : un espace de travail partagé, mais aussi un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture. En France, plus de 100 000 personnes travaillent ou ont déjà travaillé en espace de coworking.

Le pays se classe au 6e rang mondial pour ce qui est du nombre d’espaces de coworking (150 dont 30 à Paris). Selon une enquête conçue par Ipsos, BPI France, le Groupe La poste et Bureaux à Partager, la pratique du coworking devrait continuer de croître en 2015 et 201,  puisque qu’il existe en Île-de-France 6 millions de m² de bureaux vacants.

Socialiser et humaniser l’entreprise

L’idée à l’origine est de permettre aux travailleurs indépendants de ne pas rester isolés chez eux et de pouvoir trouver, dans ce lieu et à travers ce réseau, un espace de socialisation comparable à une entreprise. Les espaces de coworking sont nés à San Francisco en 2005. Ces espaces de travail partagés, lieu tiers entre travail à domicile et travail en entreprise, s’étendent rapidement. Ils ont pour eux à la fois le confort du travail à domicile et la richesse sociale du travail en entreprise.

On compte aujourd’hui près de 1800 espaces de coworking répartis sur les 5 continents. C’est en Europe qu’ils sont les plus nombreux avec près de 760. L’Allemagne en comprend à elle seule cent soixante-sept.

Et le développement des autres pays européens reste très soutenu avec une progression annuelle de 97 %. Les États-Unis, qui ont été les initiateurs, restent dynamiques. Mais ce sont maintenant les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud qui créent aussi ce type d’espaces.

À l’heure actuelle, certaines entreprises favorisent cette forme de travail pour des raisons évidentes d’économie, de flexibilité, mais aussi pour dynamiser la créativité de leurs employés à travers les contacts et rencontres facilités dans un tel espace.

Répondre à une réelle demande

Ces espaces de coworking répondent, à l’origine, à l’accroissement rapide du nombre de travailleurs indépendants, qu’ils soient développeurs, concepteurs, blogueurs, architectes web, consultants en mercatique ou auto entrepreneurs.

Cette communauté potentiellement précaire a besoin d’un réseau fort de solidarité et de partage pour pouvoir se maintenir et partager des outils dédiés à cette forme de travail. Les espaces de coworking, en tant qu’espace de travail, ont joué en ce sens un rôle central en favorisant la structuration d’un véritable réseau de cotravailleurs facilitant échanges, coopération et créativité.

Choisir d’être à son compte c’est faire le choix de l’indépendance, de la liberté et de l’autonomie. Indépendants, freelances et entrepreneurs se heurtent malheureusement bien souvent au problème de la solitude et de l’isolement social. Cette solitude est pesante humainement et pénalisante professionnellement. Dans un monde qui s’organise en réseau, entreprendre et travailler seul n’est ni agréable ni efficace.

Le coworking est né du besoin d’échange de la communauté grandissante des indépendants. Imaginez un espace où ces indépendants travaillent ensemble mais pour des clients distincts, un environnement stimulant, sans hiérarchie, sans compétition, sans politique, un cadre convivial et cosy. Des lieux comme cela existent: ce sont les espaces de coworking.

Aujourd’hui, le travail se fait en réseau par une agrégation ponctuelle de compétences s’associant et se dissociant selon les projets, plus rapide et flexible que les structures très hiérarchisées des entreprises, le réseau remplaçant potentiellement l’entreprise.

Dans un espace de coworking, les membres sont complémentaires et signent des contrats entre eux. On retrouve les pôles de compétence principaux de l’entreprise (créatifs, managers, communicants) ce qui permet à chaque membre un accès facile, naturel et enrichissant à des ressources humaines variées. Ajoutez à cela un cadre convivial favorisant l’échange et vous verrez y naitre des collaborations.

Concrètement, les espaces de coworking proposent, via le plus souvent un système de tickets, un espace partagé accessible à la demi-journée, la semaine, le mois ou plus, pour travailler, dialoguer, collaborer… bref, assouvir les besoins d’interaction et d’échange de connaissances.

On y partage un bureau mais aussi des ressources (électricité, frais de lignes téléphoniques, réseau Internet, salles de réunion, visioconférence…) ou différents services (formations, assistance informatique, gestion du courrier, cafétéria…). Et surtout, on peut y mener des projets communs. De ce fait, ces endroits intéressent les entreprises – de plus en plus en recherche de freelances – qui y voient un vivier de professionnels aguerris au travail en réseau et aux problématiques de veille technologique.

Vers une économie du partage

Le coworking n’est qu’un exemple de cette économie du partage qui se développe en France et dans le monde entier.  Revente, don, troc, location de court terme, emprunt : tous ces autres modèles – monétarisés ou non, entre particuliers ou par l’intermédiaire d’entreprises ou d’associations – peuvent permettre d’augmenter la durée d’usage de biens consommateurs de ressources.

Ils construisent tous une véritable économie du partage qui se renouvelle sous l’essor des technologies numériques. Les biens « partageables » représentent environ un quart des dépenses des ménages et un tiers de leurs déchets, et si les modèles de partage étaient utilisés « au mieux », c’est jusqu’à 7 % du budget et 20 % des déchets des ménages qui pourraient être économisés.

Comme l’explique Damien Demailly (Iddri), « Les pouvoirs publics doivent construire un cadre économique et réglementaire favorable aux modèles vertueux. Les initiatives naissantes permettant d’explorer de nouvelles pistes peuvent être soutenues via : une visibilité accrue, des financements et incubateurs, l’adaptation de certaines réglementations. »            

Uber, BlaBlaCar, Airbnb & les autres

L’économie du partage est plébiscitée par les Français. Selon l’EcoScope, le baromètre mensuel réalisé par OpinionWay pour Axys Consultants, Le Figaro et BFM Business, 22 % des Français interrogés utilisent déjà l’un de ces services. Un résultat remarquable, alors que la plupart des acteurs de cette économie n’ont que quelques années d’activité dans le pays.

La France est déjà le deuxième marché mondial d’Airbnb, le géant américain de location temporaire entre particuliers. Paris est aussi la deuxième ville en Europe pour Uber. «Ce chiffre de 22 % est très bon, il montre que l’économie du partage est en phase de développement. Mieux, près de 30 % des Français sondés comptent y recourir au cours des douze prochains mois. Le potentiel d’utilisateurs est donc très important», souligne Frédéric Micheau Directeur des études d’opinion chez OpinionWay.

Comme l’explique très bien Frédéric Mazzella, le fondateur de BlaBlaCar, l’économie collaborative et de partage représente l’avenir de notre société, en favorisant les échanges et la transmission de valeurs essentielles dans le monde de l’entreprise. Elle permet également l’émergence d’un nouveau mode de management plus interactif, plus transversal et plus humain. Encore une autre forme d’intelligence collective au service de tous !