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Comment expliquer le phénomène start-up en France ?

Se lancer dans un projet de start-up est un pari fou mais ô combien exaltant. Risquer l’improbable, transgresser les règles du marketing et du management, inventer des usages, exploiter des technologies, créer de nouveaux business models, vouloir changer le monde et y parvenir, c’est là tout l’esprit entrepreneurial d’une « jeune pousse ».

Ils sont déjà nombreux les créateurs à s’être lancés dans cette aventure hors du commun. Certains ont échoué, d’autres ont gagné, c’est là tout le pari risqué d’un lancement.

Quand la France s’ouvre aux jeunes pousses

Le cadre juridique et institutionnel français s’est adapté pour favoriser le développement des start-up. La multiplication récente de pépinières, d’incubateurs, d’accélérateurs, de centres de co-working, et les partenariats privés et publics témoignent de cette volonté d’aller de l’avant.

Le fossé demeure cependant très important entre les onze millions d’entrepreneurs potentiels en France et ceux qui se lancent vraiment. Pour le combler, et lutter contre le sentiment d’insécurité qu’éprouvent ceux qui hésitent à sauter le pas, des déclencheurs doivent être développés, en matière notamment de financement et d’éducation.

Des chiffres qui font tourner les têtes !

En effet, bien que les start-up tricolores aient trouvé 855 millions d’euros en 2013 auprès des fonds de capital-risque, seulement 10 % des 222 tours de tables conclus lors des douze derniers mois ont été noués pour un montant supérieur à 10 millions d’euros, selon le baromètre Venture de Capital Finance. Les deux plus importantes opérations de récentes ont été orchestrées par l’électronicien Crocus Technology (34 millions d’euros) et par l’éditeur de logiciels Talend (29 millions).

Avoir un fort potentiel de croissance

Aujourd’hui, une start-up désigne donc une jeune entreprise qui démarre (« start ») et a pour vocation de s’élever (« up »). Souvent assimilée à une « jeune pousse », la start-up est plus qu’une entité, c’est un projet, un état d’esprit, porté par une personne, son créateur, qui décide de prendre un risque.

Selon Eric Ries, auteur de « The Lean Startup », une start-up est « une institution humaine conçue pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitude extrême ». Cette notion d’incertitude est importante pour comprendre la start-up. Celle-ci se constitue autour de la volonté d’un homme, ou d’une femme, de prendre un risque en proposant une idée sur un marché donné. Et sa réussite dépend souvent de sa capacité de résistance et d’endurance face à ce risque.

Les éléments caractérisent les start-ups ou jeunes pousses

Tout d’abord, il suffit de traduire l’appellation pour en comprendre l’objectif principal : démarrer et grandir vite ! Et toutes les autres caractéristiques en découlent : ces sociétés opèrent plutôt dans des secteurs technologiques (internet, biotechnologie,…) ou les potentiels de croissance sont gigantesques ; pour se développer et faire face aux énormes besoins de financement (R&D, BFR, autres investissements…), elles font le plus souvent appel à des capitaux privés (les cash-flow de l’activité ne suffisent pas pour faire face aux besoins de trésorerie) ; etc.

Viser 10 millions d’utilisateurs !

Les investisseurs affirment qu’il faut maintenant avoir 10 millions d’utilisateurs et non 1 million d’utilisateurs pour attirer leur attention, ce qui fait que les start-up s’emploient activement à développer leur clientèle le plus rapidement possible. Toutefois, si vous vous concentrez uniquement sur votre croissance, votre produit en souffrira. Chaque start-up évolue à son propre rythme. Fixez des objectifs de croissance basés sur la trajectoire de start-up similaires à la vôtre et adaptez vos attentes en fonction.

Start-up : un cycle de vie bien particulier

La start-up se développe généralement suivant un cycle de vie comprenant de grandes étapes :

– L’amorçage : l’entrepreneur est au stade de l’idée. Il cherche à matérialiser son innovation et débute la construction de son projet.

– Le démarrage : c’est l’étape des premiers lancements commerciaux. L’entreprise est désormais visible sur ses marchés.

– Le décollage : la société est désormais bien lancée, les produits et services sont finalisés, la structure est opérationnelle.

– La consolidation : la rentabilité de l’affaire est avérée et la start-up compte parmi les leaders de son secteur.

– L’introduction en bourse : cette dernière étape est le but recherché par la majorité de ces nouveaux entrepreneurs et surtout des investisseurs participant au projet. Les moyens sont décuplés. L’aventure prend un nouveau tournant… pour devenir peut-être une entreprise… traditionnelle.

L’art de l’adaptation permanente

Comme l’explique Meryl Job, fondatrice de Videdressing, « Les principales caractéristiques d’une start-up sont le changement, la vitesse, la circulation rapide de l’information et la capacité à se développer en l’absence de process notamment d’un point de vue managérial et RH. Chez Videdressing, nous sommes dans un contexte de forte croissance. Le nombre de collaborateurs augmente très vite. Nous sommes passés de 12 à 80 collaborateurs en 18 mois! Jusqu’à 20 collaborateurs, la société se gérait sans process définis, et notamment sans process RH. La culture n’avait pas besoin d’être formalisée, ni même partagée car l’information circulait de manière très fluide. Il n’y avait aucune barrière dans la mesure où tout le monde était au contact direct et permanent des fondateurs. Évoluer dans l’univers des start-up nous permet d’accéder facilement à des entrepreneurs qui ont connu le même développement rapide et qui peuvent nous conseiller sur de nouvelles actions en mettre en œuvre à l’instar de Frédéric Mazzella, P-DG de Blablacar par exemple. Ce qui est stimulant dans une start-up, c’est de savoir que dans un an et demi, nous serons 200 et devrons tout revoir ! Le changement permanent, la vitesse, cela nous oblige à rester agiles et à nous adapter rapidement. »

 

Malgré l’imaginaire collectif fait de réussite des start-up, se cache la réalité de leur survie et de leur rentabilité. Au début de leur activité, le besoin de financement des entreprises est réel, car le développement d’un produit qui peut séduire le marché nécessite le plus souvent de longs développements, faits d’essais et d’erreurs successives. Tenez-le pour dit : le risque des start-up est à la hauteur de l’inconnu auquel elles font face.